La médina de Marrakech regorge d’échoppes dans les dédales de ruelles qui composent les souks et là , le commerçant berbère vous attend !
Le principe est simple : vous êtes Européen, donc forcément riche à leurs yeux (toujours plus que la population moyenne marocaine, ça y a pas de doute) et les dirhams fraîchement échangés ne demandent qu’à tomber de vos poches de touriste en Birkenstocks. Vous traversez des rues pleines à craquer de commerces à babouches (qui remplaceront dans un avenir proche vos ignobles nus pieds promus récemment à l’élite du bon goût et qui n’étaient réservés il y a encore peu qu’aux touristes outre Rhin, qui s’y connaissent en bon goût, comme chacun sait…), de vendeurs de luminaires en fer forgé, de splendides djellabas, d’antiquités plus ou moins antiques, de pâtisseries, j’en passe et des meilleurs…
Le 2ème principe est aussi simple que le précédent : c’est pas cher mais faut marchander, le Berbère vouant une nonchalance extraordinaire pour ce qui est de l’étiquetage des prix et là , j’aime autant vous dire que le délit de faciès est la règle !!
Petit pot pourri des phrases les plus usitées par les marchands (ça fera des souvenirs à ceux qui y sont allés et ça mettra dans l’ambiance ceux qui ont leurs billets d’avion en poche) : « Li joulie la gazelle ! » (avè l’accent), « Entre, pour li plisir di z’yeux ! », « t’es le 1er client di la journée, j’ti fais un prix », « Inch’Allah ! » (ça c’est quand tu dis que tu repasseras plus tard), etc.
Les souks sont organisés (plus ou moins) par corporation : c’est ainsi que vous pourrez flâner dans le souk des teinturiers pour vous retrouver en Touareg, dans le souk des bijoutiers, des babouches, épices…
Une fois vos poches allégées et vos sacs remplis, direction Place Jemaa El Fnaa, ze place of ze medina ! D’abord, elle est immense et chaque soir, c’est la même histoire : elle se remplit de terrasses où toutes sortes de brochettes, grillades, soupes, salades vous sauteront dans le ventre, tandis que les rabatteurs vous sauteront dessus pour vous vanter la fraîcheur de LEUR stand. Là aussi je ne peux pas vous laisser sans quelques morceaux choisis :
- si vous venez de Marseille, on va vous parler de Zidane avec l’accent provençal, ça va de soi ;
- vous êtes Français, on prend donc des nouvelles de Sarkozy auprès de vous ;
- quelques moyens mnémotechniques pour se rappeler du meilleur stand, « Regarde c’est le 117, comme 117 218, tu vois c’est facile ! »
Des femmes qui vous proposent du bodypaint au henné en passant par les mômes qui vous vendent des mouchoirs en papier ou des queues de fleur (c’est un bon début…) en passant par les charmeurs de serpents, vous pouvez digérer vos keftas avec un bon jus d’orange frais (les mauvaises langues disent qu’il colle la turista, à vous de voir…) et si vous êtes perdus pour retourner à votre chambre, il y aura toujours quelqu’un pour vous indiquer gentiment votre route… contre un p’tit cadeau !
Boris t'es trop classe en touareg!