Cette fois, c'est décidé! Avec Benji, mon éternel pote du lycée, on se prévoit un crapahut montagnard pour étrenner chacun notre nouveau matos: pour lui, ses nouvelles Meindl, cuir, cramponnables, tout terrains et pour moi, mon tout nouvel objectif, un 100-400mm pour taquiner tout ce qui bouge (surtout à poils et à plumes, c'est la vocation de cet objectif, il faut bien le dire...).
Depuis que Ben a quitté "notreu bellleeuu cité phocéennean" pour Paris capitale de la France, on s'appelle et on se lance: "de la montagne, et on monte!". La destination: le Queyras? Le Mercantour? le Vercors? Finalement la vallée de la Tinée, au coeur du Parc National du Mercantour, célèbre pour la recolonisation naturelle du loup, est choisie. Quelques sarcasmes de mon ex-néo Parisien:" 2000m? C'est tout? Tu veux que j'amène mon ballon pour s'occuper sur le chemin?" Rira bien qui rira le dernier...
Donc Monsieur descend, le temps pour moi de signer un nouveau contrat de travail et hop! En route pour St Etienne de Tinée!
Bivouac rapide à la tombée de la nuit, pâtes (rationnées, je l'avoue) et au lit! Le lendemain matin, pour le petit déj', un mâle de pie grièche écorcheur râle (notre tente est a priori plantée là où il ne fallait pas...), un crapaud commun se cache sous une pierre toute proche, à quelques mètres du cerf qui déboule devant mes yeux encore collés (il est à peine 7h du mat'...). Et bien entendu, tout ça pendant que mon objectif dort encore dans sa housse de protection!
Bref, un crochet par le village pour que Benouze la tantouze achète sa drogue allopathique (des anti-inflammmatoires genouesques oubliés à la Cité Bleue) et c'est parti! Pour faire court, on passe de 1100m à 2500m, jusqu'au refuge des Rabuons, non sans mal pour moi... J'ai vraiment trop rationné les pâtes hier soir et j'ai plus de barres de céréales!!! Pour couronner le tout, Ben pense avoir vu un lagopède et il fait le tracteur, 50m devant moi! Je passe la séquence du quinquagénaire de Monaco Telecom qui court presque, l'étape est pour moi salvatrice...
On mange dans une ancienne bâtisse EDF à un quart d'heure du refuge, quand tout à coup... LA NEIGE!!!!!!!!!!! Donc là , plus aucun doute, la tente ne suffira pas, direction le refuge.
Le lendemain, je prends ma revanche: la neige recouvre le paysage, mais on a décidé de le tenter: direction le Mont Ténibre, 3041m. Nous sommes à la frontière italienne, et le ciel ligure n'augure aucune aucune bonne augure ... (quel poète...). On escalade les névés, on tente d'éviter les petites plaques à vent sinon Ben appelle l'hélico, on grimpe.
Mais une fois en haut, faut redescendre!!! Talonné par les nuages transalpins, on dévale le pierrier enneigé. Il s'agit maintenant de passer de 3000 à 2000m hors sentiers, pour éviter l'orage. Plus de chemins (faites confiance à la légende des cartes IGN, quand il est mentionné "passage délicat", croyez-les, c'est délicat...). Exit donc
les photos, même la bouffe, s'agit de redescendre et autrement que dans un manteau neigeux!!! Un dernier passage délicat qui ressemble plus à de la varappe qu'à de la rando permet à Ben de balancer ma tente toute neuve dans le vide, et c'est le retour à la civilisation (à St Etienne de Tinée tout de même). Ici s'achève l'aventure, la météo nous contraignant à écourter notre équipée...... Ce n'est que partie remise!!!
