4 jours pour visiter Saigon et les environs, sans avoir rien pu preparer en avance et sans avoir pu apprendre un minimum de rudiments vietnamiens, on s'est dit que ca serait difficile a accomplir cela en "routard" pur et dur.
Le soir de notre arrivee, apres un bon canard laque (plat plutot chinois que vietnamien), on s'est rendu au bureau d'un tour operateur qui propose des formules d'un ou deux jours plutot sympas, le Sinh Cafe. On decide de partir le lendemain matin pour Cu Chi, celebre pour son reseau de tunnels de plus de 500km.
Le district de Cu Chi se trouve à près de 80km au nord-ouest de Saigon. La route principale N°1 menant à Saigon ainsi que la rivière Saigon passant près de cette zone, cela explique l'importance stratégique de ce district durant la guerre.
Mais les tunnels n'ont pas été construit lors de la guerre contre les américains, ils avait déjà été creusé pour lutter contre les attaques aériennes lors de la guerre contre les français en 1948. Pour plus d'infos sur l'histoire, c'est par ici!
Le village des artisans handicapés
En court de route, le bus fait une halte dans un "village" (ou plutot usine) d'artisanats employant des personnes handicapes. Ne suivant pas le troupeau du bus, nous partons de notre cote et nous retrouvons derriere le village. Un grand hangar ouvert abrite des employers qui s'afferent a plier des boites de cigarettes (de la marque Five) et a les remplir.
Mey demande gentiment l'autorisation de photographier les ouvriers.
On s'apercoit que la plupart sont sourd-muets.
On retourne finalement vers le groupe (on n'a que 20 min de pause!!!) et on passe devant une entree d'un autre hangar, ferme cette fois-ci, dont la porte entre-ouverte laisse imaginer d'autres activites...
Finalement un responsable du village manchot nous rattrapera et nous demandera promptement de ses bouts de moignon de retourner dans la file. Pas tres content le gars!
Bref, on arrive dans la partie officielle du "village" et on admire la perfection et la minutie des gestes de chaque employé dans la chaine de production. Decoupage de plaques de nacre, collage de miettes de coquilles d'oeufs, poncage des plaques de laque, tout ca donne de beaux tableaux de laques qu'on retrouve dans les marches un peu partout en Asie du Sud-Est.
Introduction vidéo au musee
Dans pas mal de film de guerre américain sur la guerre du Vietnam, les soldats américains sont souvent (j'ai pas dit dans tous hein) pris pour des "pacificateurs" face aux horribles viet-congs. A Cu Chi, c'est bien le contraire qu'on vous raconte dans la vidéo d'introduction qu'on vous passe dans l'enceinte du musée en plein air.
Ici on utilise les termes de "le soldat américain, l'ennemi", "l'envahisseur", etc... Pas étonnant de voir quelques personnes sortir de la salle avant la fin de la projection, se sentaient-elles peut-être visés?
En tout cas la vidéo vous met déjà dans l'ambiance d'un des points les plus statégiques lors de la guerre. On vous montre l'ingéniosité des soldats vietnamiens, non sans une forte touche de fierté, à piéger les soldats américains.
La visite
C'est un peu comme IKEA. Vous etes sur un sentier et vous suivez les panneaux pour passer d'une etape de la visite a une autre.
Tout d'abord les entrees secretes invisibles pour les soldats americains.
Des petites trappes recouvertes de feuilles permettaient aux vietnamiens d'acceder et de se cacher dans les tunnels tres discretement. Taillees a la taille des soldats et des paysans vietnamiens, peu de soldats auraient pu passer par ces trous...
Ensuite nous verrons des petits monticules ressemblant a des nids de termites. Ce sont en fait ces monticules possede un trou permettant d'aerer les tunnels.
Puis un vieux tank suivi de l'explication du processus de fabrication artisanale des mines antichar.
Au fur et a mesure de la visite, les images sont de plus en plus trash. On arrive finalement a un stand qui presente au sol les different type de pieges qui ont ete utilise pour blesser les americains. Pour illustrer ces pieges, un mur derriere presente une fresque avec des soldats americains se faisant prendre par les pieges a betes (car a l'origine les pieges etaient destines a la chasse).
Apres tout ca, on fait une courte pause. On nous fait deguster la tubercule de Tapioca, sorte de patate largement consommee durant la guerre. Pour faire passer tout ca, un tres bon the nous est servi.
Reprise de la visite. Au loin, on entend des raffales d'AK, on s'y croirait presque. On nous explique la fabrication des vetements des soldats/paysans vietnamiens. au fur et a mesure qu'on avance dans le circuit, les coups de feux se font de plus en plus fort. Le guide nous explique qu'a la fin du tour, les personnes interessees pourront s'essayer aux tirs avec un vrai AK...
Nous arrivons finalement a l'ATTRACTION du musee, les tunnels. Le guide nous annonce que les personnes clostrophobes, cardiaques ou ayant de l'hyotension, sont priees de se rendre par la surface a la sortie du tunnel.
Plusieurs personnes rentrent dans l'antichambre, puis en ressorte sans avoir tente la traverse. Finalement on comprend pourquoi! Dans l'antichambre, un trou de souris sans lumiere, une fois dedand, impossible de se retourner pour faire demi-tour! Parait-il qu;une femme allemande de fort gabarit etait restee 3 heures avant qu'on la decoince et que toutes les personnes derriere elle ont du patienter aussi! A l'interieur, nuit noire, les gens avance sur les genoux, pratiquement le nez dans les fesses de la personnes devant. Ca donne une bonne excuse pour les pervert de mettre les mains sur les fesses devant pour eviter d'y etre trop pret!!!
Pour Mey, pas de souci particulier, elle a la bonne taille, debout sur ses jambes, elle avance le buste penche en avant, ce sera une vraie petite balade de sante pour elle. Rv ne peut pas en dire autant! Entre dedans avec le sac a dos de la camera, il se demandait si il allait pouvoir arriver au bout sans ecraser son sac!
Bref, finalement on s'en est bien sorti! La cousine a prefere passer par la surface, elle n'a pas eu tort. C'etait pas tres long comme tunnel, mais pour certains c'etait suffisant. Mais on a pu constater que le system de ventilation fonctionnait plutot bien.
Fin de la visite, on arrive au stand de tirs. Certains accepte volontier cette experience, nous on la boudera. Le fait de savoir qu'il y a eu des milliers de morts ici (aussi bien d'un camp que d'un autre), nous ne trouvons pas que ce soit tres respectueux et approprie de s'amuser a tirer a l'arme de guerre.
On se contentera d'aller voir un petit stand de fabrication de feuilles de riz (utilisees pour rouler les nems et les rouleaux de printemps) et d'acheter quelques biscuits.
Conclusion de la journee
Interessant de voir cet évènement historique du point de vue vietnamien. Propagandisme et patriotisme exacerbé forcément. Mais bien loin de tout ce que l'on a l'habitude de voir sur le sujet. Comme cette peinture montrant des soldats américains perforés par les astucieux et vicieux pièges vietcongs. Ces pièges d'ailleurs ne sont pas des mines, mais des trous avec des pointes de ferrailles (autrement aussi cruel). Les barricades? des tunnels creusés à la main. Les bruits des mitrailleuses et fusils d'assault pèsent sur ces lieux de combat, une fierté de la résistance vietnamienne face à l'envahisseur.