Eté 2006. Visite de Prague. Un de nos premiers voyages en autonomie. C’est un peu flippant au début mais toujours mémorable. Pourquoi Prague ? Cette ville m’a toujours inspiré. Son côté romantique, secret et son riche passé et présent culturel en font une capitale hautement sympathique à visiter.
L'arrivée se fait sous un ciel gris et ponctué de petites averses. Nous découvrons, tout d'abord, la vieille ville (Stare Mesto) avec la visite du Clementinum. Ancien collége jésuite du XVI doté d’une vielle bibliothéque baroque maintenue dans l'obscurité pour protéger les 6 millions d'ouvrages et la tour astronomique avec sa vue magnifique, il nous permet pour débuter un séjour d’avoir une vue d'ensemble et se rendre compte que la dénomination de ville aux cent tours n'est pas usurpée. Notre guide tchéque est tout petit (j'ai d'ailleurs cru que c'était un nain mais en fait il était très petit tout simplement) et parle un anglais version tchéque, donc on comprend pas grand chose.
Nous découvrons notre hôte (Vera), une mamie tchèque, et notre logis pour une semaine. L’accueil est agréable et le lieux sympathique. Vera malheureusement ne parle que tchèque et un allemand approximatif. Communication un peu réduite mais aussi relativement créative, nous parlerons donc durant tout le séjour avec notre corps et avec l'aide d'un guide franco-tchéque.
L'organisation (un peu trop la mienne) nous impose des itinéraires et c’est une chance de pouvoir passer assez souvent à coté de la foule, omniprésente dans le centre. Ceux sont des wagons entiers, se déplaçant en meute, écrasant tout sur leur passage et se suivant comme un troupeau. On aime ou on aime pas, pas nous. Du coup, par moment, on est contraint d'abréger les balades tellement cela devient gênant et étouffant. Le château par exemple ne m'a pas apporté tout ce que j'en espérai, tellement la foule nous éjectait du lieu.
Notre séjour d'une semaine à Prague a été riche de visites, de découvertes, d'admiration pure pour tant de beautés déployées mais nous a aussi réservé chaque jour son lot de belles surprises.
Nous avions bien préparé ce séjour et chaque jour quasiment été destiné à tel ou tel quartier, à tel ou tel monuments...etc. Malgré cela, le hasard fait bien les choses et rompt le déroulement linéaire d'une journée. Il permet, peut-être bien plus que tout, d'ancrer les souvenirs et de cristalisser les émotions. Que se rappelle t'on d'un séjour, aprés une semaine, un mois, des années? Pour moi, c'est ces moments de grande surprise, parfois de mauvaises (ça n'a jamais été le cas à Prague) et pour nous chaque jour de bonheur.
Ce J4 à Prague restera dans ma mémoire. A midi nous décidons de faire une halte déjeuner et nous avons trouvé pour cela un jardin atypique sur nos guides. L'endroit s'avére bien plus merveilleux que je ne l'envisageais. L'ambiance y est tranquille et on s'abandonne volontiers au calme et à la volupté du site. Le jardin en terrasse est parcellé de fleurs et de statues renaissance. Les couleurs nous entourent et redonnent un peu d'éclat au temps grisâtre de cette journée. Après qq marches, on accède à la plus haute terrasse et l'on peut admirer un joli panorama du quartier Mala Strana. Quelques couples nous entourent mais rien d'étouffant. Nous entamons le déjeuner et on ne peut s'empêcher de se laisser aller à qq minutes de détente. J'entends de la musique (à Prague c'est relativement courant), un air de Mozart, je crois à un enregistrement sur un balcon à proximité. La musique s'arrête et recommence. Je me dis "c'est pas mal comme interprétation". Je lève la tête, plus personne dans le jardin, c'est bizarre. La curiosité me fait me lever et je me diriges armé, bien sur, de l'appareil photos vers l'entrée. Et là je vois un quatuor qui apparemment s'entraine et une petite foule toute endimanchée. Que se prépare t'il? Les airs joués sont grandioses et ce quatuor n'a rien d'amateur. Une représentation certainement? Et tout à coup, je surprends, par l'entrebâillement d'une porte, une mariée version conte de fée. La robe est splendide et d'une grande élégance. Je remonte, pressé, retrouver ma belle et lui annoncé la découverte. Apparemment les gardiens nous ont oublié et on évacué le jardin, loué pour l'occasion à cette riche famille pragoise. On peut alors assister en toute discrétion avec les oreilles et les yeux ébahis à ce moment complètement imprévu et complètement magique.
Le J5 est aussi rempli d'émotion. La journée est consacrée au quartier juif. Les synagogues s'avérent presque toutes austères et la foule finit de nous donner l'impression d'une journée maussade. La visite des synagogues est chronométrée par les billets et on nous accorde pour chacune un temps déterminé. Le cout un rien prohibitif me laisse un petit gout amer. La pause du midi me fait du bien. Que faire cette aprés midi? Sur le parcours, il y a un couvent (Sainte Agnés). Après une matinée de déception, j'hésites à visiter à nouveau un batiment religieux vieillot. Je me dis qu'il vaut mieux peut être tracer la route et quitter l'endroit. Convaincu je soumets l'idée à ma compagne qui, je sais, n'est pas très friande d'art religieux médiéval. Et je ne sais pas trop pourquoi, elle insiste pour y aller et réussi finalement à me convaincre. Sans enthousiasme, je prends 2 tickets, d'ailleurs vraiment pas chers. Et là, c'est la surprise complète. Je reste complètement scotché par l'ensemble de la visite. L'endroit abrite une splendide collection d'art médiéval. Les peintures à l'éclat fabuleux sont toutes plus belles les unes que les autres. On est pris par l'émotion et par l'émerveillement. Paradoxalement le site est peu fréquenté, peu mentionné dans les guides (sauf le National Geographic) et le tarif modique (3euros par personnes). Chose plutôt rare à Prague, toutes les œuvres (tableaux, panneaux peints statues, retables...) sont savamment disposées et mises en valeur. Je ressort marqué, bousculé et simplement heureux d'avoir vécu ce beau et bon moment imprévu. Je me dis alors que j'ai beaucoup de chance de pouvoir rencontrer ces merveilles qui ont demandé tant de temps et tant d'idées créatives. Malheureusement aucune photo n'illustrera la visite, les mamies tchèques nous surveillant très pressement. Bien sur, je ne saurais vous conseiller d'explorer l'endroit qui restera pour moi la plus belle visite que l'on est réalisé sur l'ensemble séjour.
Arnaud
Je ne saurais pas trop dire pourquoi, mais Praha a une réputation de belle ville culturelle, mystérieuse...
J'espère un de ces jours pouvoir y partir quelques jours.
Gobo, tu y es parti 5 jours ou plus? Est ce que c'est assez ou tu recommande plus de temps?
En 5 jours, je conseillerai de se contenter des grands quartiers de Prague. Mais une semaine te permet de sortir de la ville. Les transports en train restent très pratiques (l'ére soviétique a favorisé l'essor du rail) et tu peux alors découvrir sur une journée ou plus une ville extérieur, dans la Bohême comme par exemple Cesky Krumlov classée au patrimoine Unesco
Prague est une ville riche de découvertes, mais je vous conseille, pour mieux la découvrir dans son ensemble, de sortir du centre-ville touristique.
Rendez-vous par exemple au sud, pour découvrir l'ancienne place forte de Visherad. Promenez vous dans les quartiers alentours, vous verrez le côté plus "pays de l'Est" à l'ancienne. Le vrai Prague en somme.
Allez aussi voir du côté du cimetière juif, où vous pourrez déposer une pierre sur la tombe de Kafka. C'est un lieu saint, la kippa est obligatoire (elle vous est évidemment fournier à l'entrée).
En parlant de Kafka, vous comprendrez l'influence que le ville a eu sur lui et sur son oeuvre si vous arpentez les rues de Prague la nuit, surtout sur les bords de la Vltava.
"C'est beau une ville la nuit" disait Richard Bohringer, dans son émission de radio. Vous le constaterez si vous empruntez le fameux "Pont Charles" (Karlov Most) passé minuit. L'endroit est très romantique : les amoureux y viennent parfois, pour profiter de la beauté de l'endroit en écoutant la mélodie jouée par un musicien des rues...
Le must, c'est d'aller passer la nuit au Kralovy Lazne, la boite de nuit la plus grande d'Europe de l'Est (le bâtiment blanc à la gauche du pont sur la photo où l'on voit le pont), d'y faire une charmante rencontre et de terminer une soirée si bien commencée sur le parapet du pont Charles.... de très bons souvenirs en perspective....
Pourquoi un petit caillou sur une tombe? Cette coutume juive signifie une marque de respect pour le défunt.